Un professeur timide, une élève pleine de vie. Entre eux, la promesse d'une simple leçon particulière. Mais en quelques minutes, le cours bascule : le langage devient torture, le savoir se mue en instrument de domination. Avec La Leçon d'Eugène Ionesco, Robin Renucci interroge la violence de la transmission et la modernité glaçante d'un texte écrit en 1950.
Dans cette pièce créée en 1951, l'enseignant bascule peu à peu dans un délire verbal qui transforme son élève en objet, la dépouille de toute humanité jusqu'à l'anéantir. Pour mettre en scène ce texte fondateur du théâtre de l'absurde, aux côtés de Beckett et Adamov, Renucci choisit un lieu ouvert, un extérieur. Un choix fort : montrer que les abus de pouvoir se jouent au vu et au su de tous. Lonesco fait ainsi entrer dans le répertoire occidental la figure du grand pervers, incarnation de la paranoïa de ceux qui croient détenir le savoir absolu.
Soixante-quinze ans après sa création, La Leçon résonne avec une acuité troublante. Le savoir, la position sociale peuvent encore servir d'instruments de domination. Les procès actuels en témoignent. Un texte à voir, à entendre, qui dérange autant qu'il fascine.
La programmation s'accompagne de temps d'échange et de médiation :